L’Afrique du Sud traverse un moment décisif pour son système de paiement. Le NPS, créé par la National Payment System Act de 1998, est l’infrastructure qui permet la compensation et le règlement des paiements et a été presque exclusivement réservé aux banques. Les fintechs ne pouvaient y accéder que via une banque sponsor, ce qui augmentait les coûts et limitait l’innovation. La Vision 2025 de la SARB propose d’ouvrir le NPS aux prestataires de services de paiement non bancaires afin de favoriser la concurrence et l’inclusion financière, et un amendement législatif en cours vise à appliquer le nouveau régime à partir de 2026.
Pourquoi le NPS s’ouvre-t-il ?
Le NPS est essentiel pour l’économie : il relie les banques, les chambres de compensation et la banque centrale, garantissant que l’argent circule en toute sécurité du payeur au bénéficiaire. Jusqu’à présent, seules les banques pouvaient être des participants directs. Les fintechs souhaitant proposer des transferts instantanés devaient passer par une banque, ce qui augmentait les coûts et ralentissait l’innovation. En 2018, la SARB a publié sa Vision 2025 et a indiqué que, pour parvenir à un écosystème de paiement inclusif et compétitif, il était nécessaire de permettre la participation directe des acteurs non bancaires. Une analyse de RMB explique que le projet de loi vise à « élargir la participation directe des non-bancaires à la compensation et au règlement sans nécessité de parrainage bancaire ».
Comme étape préalable, en 2025, la SARB a publié un Avis d’Exemption et un Projet de Directive identifiant les activités de paiement que les fintechs pourront exercer sans être une banque ainsi que les exigences prudentielles à respecter. Cela garantit une transition ordonnée vers le nouveau régime pendant que le Parlement traite la modification de la loi.
Nouveau modèle de licences basé sur les activités
Dans le régime actuel, les entreprises qui acceptent des dépôts doivent devenir des banques. Le nouveau cadre adopte une approche basée sur les activités : les licences seront accordées en fonction de la fonction de paiement exercée par l’entité. L’Avis d’Exemption des Activités de Paiement identifie sept catégories — parmi lesquelles l’émission de monnaie électronique, l’émission d’instruments de paiement, l’acquisition de paiements, les services à des tiers, les remises, la compensation et le règlement — qui, lorsqu’elles sont réalisées sous certaines conditions, ne constituent pas une activité bancaire. Pour bénéficier de l’exemption, les entreprises devront s’enregistrer auprès de la SARB, séparer les fonds des clients, maintenir un capital minimum et respecter la réglementation en matière de lutte contre le blanchiment. Le Projet de Directive oblige les émetteurs de monnaie électronique de niveau 1 (volumes supérieurs à R5 millions par mois) à démontrer un capital minimum, utiliser des comptes ségrégués et respecter des limites de transaction. Les participants à ces infrastructures devront s’intégrer dans une payment clearing house (PCH) ou enregistrer leurs propres schémas, sous la supervision de la SARB. Les licences seront accordées et supervisées par la SARB et son Autorité prudentielle, tandis que PASA, la FSCA et le Parlement seront responsables de la gestion des règles, de la conduite de marché et de l’approbation de la réforme législative.
Opportunités de service
La séparation des activités permet aux fintechs de se spécialiser. Elles pourront créer des portefeuilles électroniques ou des cartes virtuelles, offrir des services d’acquisition pour les commerçants, agir comme intermédiaires de paiement sur des plateformes numériques et faciliter les remises avec des coûts réduits et une plus grande transparence. Elles pourront également gérer leurs propres chambres de compensation ou participer à des schémas de paiement spécialisés. Cet éventail de fonctions crée un marché plus dynamique et adapté aux besoins des utilisateurs.
Impact sur la concurrence et les utilisateurs
L’ouverture du NPS promet de réduire les frais et d’élargir les options. FINASA indique qu’en supprimant le parrainage bancaire, les fintechs pourront fonctionner avec des structures plus légères et proposer des tarifs compétitifs. Pour les petites entreprises, accepter des paiements via QR code ou avec un téléphone sans terminal sera plus simple et moins coûteux. Les consommateurs bénéficieront de davantage de méthodes de paiement et de rapidité. Les entreprises de vérification d’identité et de biométrie, comme Facephi, seront essentielles pour respecter les exigences d’identification et prévenir le blanchiment. Malgré une concurrence accrue, les banques pourront se réinventer, et la stabilité du système restera une priorité grâce aux exigences prudentielles.
Paiements en temps réel et transfrontaliers
Paiements instantanés avec PayShap
L’Afrique du Sud dispose de Real-Time Clearing (RTC) et de PayShap pour les paiements instantanés. PayShap, actif depuis 2023, permet de transférer de l’argent en quelques secondes à l’aide d’un ShapID. Au cours de sa première année, il a traité plus de cent millions de transactions et a augmenté la limite par opération à R50 000. L’ouverture du NPS permettra à PayShap d’être intégré dans des portefeuilles et des applications tiers, accélérant son adoption et réduisant la dépendance au cash.
Paiements transfrontaliers
Les paiements internationaux sont essentiels pour la région, mais restent coûteux et lents. Le gouverneur de la SARB a souligné la nécessité de moderniser les infrastructures et d’harmoniser les normes pour réduire les coûts. L’ouverture du NPS permettra aux fintechs de s’intégrer à des projets régionaux comme le schéma TCIB de la SADC, qui propose des transferts multidevises en temps réel. Avec des standards communs comme ISO 20022, les remises seront moins coûteuses et le commerce électronique transfrontalier plus fluide.

Image : abstraction d’une carte de l’Afrique avec des lignes lumineuses reliant les pays, symbolisant les paiements numériques transfrontaliers.
Foire aux questions (FAQ)
Qu’est-ce que la National Payment System Act ?
Il s’agit de la loi de 1998 qui régule le système de paiement et confie à la SARB la responsabilité de gérer et superviser les infrastructures de compensation et de règlement. L’amendement en cours introduira des licences pour les prestataires non bancaires et une approche basée sur les activités.
Comment obtenir une licence PSP ?
Un émetteur de monnaie électronique de niveau 1 doit demander une autorisation à la SARB, démontrer un capital minimum, protéger les fonds des clients et respecter les limites de transaction. Les autres prestataires soumettent des demandes similaires et rejoignent les chambres de compensation.
Quelle est la différence entre open payments et open banking ?
Les « open payments » ouvrent l’infrastructure du NPS aux entités non bancaires pour qu’elles puissent compenser et régler des transactions, tandis que l’open banking se concentre sur le partage des données bancaires et l’initiation de paiements via des API.
Qu’est-ce que les paiements en temps réel ?
Ce sont des transferts qui sont compensés et réglés en quelques secondes. En Afrique du Sud, RTC et PayShap sont opérationnels ; ce dernier permet des paiements instantanés avec un identifiant (ShapID) et offre des fonctionnalités comme le request-to-pay.
Un système de paiement plus ouvert, compétitif et régulé
L’ouverture du NPS aux prestataires non bancaires en 2026 constitue une étape structurelle vers un marché des paiements plus compétitif. Le passage d’un système fermé à un modèle basé sur les activités permettra aux fintechs d’offrir des services de monnaie électronique, d’acquisition et de remises sans devenir des banques, tout en respectant des limites prudentielles. Cela réduira les coûts, multipliera les options pour les commerçants et les consommateurs, et facilitera l’intégration avec des infrastructures instantanées et transfrontalières comme PayShap et TCIB.
Dans ce nouveau contexte, les institutions financières auront besoin de partenaires technologiques capables de combiner conformité réglementaire, sécurité et expérience utilisateur au sein d’une seule architecture. Ouvrir l’accès au NPS ne modernise pas seulement l’infrastructure de paiement : cela redéfinit la manière dont la confiance numérique se construit dans l’écosystème financier sud-africain.